Château Servien

France 3 Alpes journal 12/13 5 octobre 2017

 

Etape de Biviers « sur les pas des Huguenots »

27 septembre 2017

 

Bienvenue au château Servien qui a été récemment qualifié par l’historien régional Georges Salamand de fleuron éminent du patrimoine historique du Grésivaudan en raison du fait que le nom d’Abel Servien lui sera pour toujours attaché. Je suppose que beaucoup d’entre vous n’ont jamais entendu parler de ce personnage qui est, de mon point de vue, non seulement le plus grand des Biviérois, mais encore et surtout l’un des plus grands - sinon le plus grand - homme d’Etat d’origine dauphinoise.

D’abord deux mots sur le Grésivaudan qui est bordé, d’un côté par l’imposante chaîne de Belledonne la plupart du temps enneigée et, de l’autre, par les massifs de la Chartreuse, puis des Bauges qui font partie des Préalpes. Le Grenoblois Stendhal l’a célébré en ces termes :

C’est un pays magnifique autant qu’il est inconnu. Rien en France, du moins dans ce que j’ai vu jusqu’ici, ne peut être comparé à cette vallée de Grenoble à Montmélian.

Qualifié de Vallée aux cent châteaux, le Grésivaudan compte un grand nombre de maisons fortes dont certaines, telle le château Servien, ont été transformées en résidences d’agrément à partir de la Renaissance. Aucune étude sérieuse n’a encore été réalisée à ce jour sur l’origine et l’évolution de cette demeure avant le 16ème siècle et je souhaiterais que cette lacune soit comblée tôt ou tard par des personnes plus qualifiées que moi.

Vous aurez tout le loisir d’en faire le tour et vous observerez qu’il s’agit d’un bâtiment en équerre, comme il en existe un autre, non loin d’ici, qui est le château du Carre, près du village de La Terrasse. Comme ce dernier, le château Servien prend appui sur une imposante tour carrée que vous avez pu remarquer en entrant par la cour.

Par ailleurs, sa façade est encadrée par deux tourelles rondes. Des travaux de ravalement effectués au début des années soixante ont permis d’y mettre à jour des meurtrières. Leur présence - ainsi que l’épaisseur de tous les murs - témoignent à l’évidence du caractère défensif de l’ensemble du bâtiment dont le gros-œuvre remonte vraisemblablement au 13ème siècle.

Le château Servien a perdu son statut de maison forte sans doute vers la fin du 15ème siècle et a fait l’objet, depuis lors, d’importants travaux de confort qui lui ont donné progressivement sa physionomie actuelle. Je vous signale par ailleurs que le parc, qui est orné de quelques très beaux arbres, a été créé au tout début 19ème siècle.

Si Biviers compte trois châteaux - à savoir Servien, Montbives et Franquières - je précise que le château Servien était le siège de la seigneurie de Biviers, de sorte qu’il a été qualifié de « château de Biviers » jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Ce statut lui a valu le fait que les armoiries qui décorent le linteau de la porte d’entrée principale ont été martelées pendant la Révolution.

J’en reviens à Servien qui doit désormais trouver toute la place qu’il mérite dans le Panthéon des grands Hommes du 17ème siècle, comme le relève très justement Hélène Duccini dans une remarquable biographie intitulée Guerre et Paix dans la France du Grand Siècle - Abel Servien : Diplomate et serviteur de l’Etat, laquelle a été publiée en 2012 avec le soutien notamment de Louis-Marc Servien, de la commune de Biviers et du ministère de la Défense.

Voici brièvement résumée la très longue carrière de l’enfant de Biviers que fut Abel Servien, carrière qui l’a conduit au faîte du pouvoir et des honneurs dans un parcours sans faute :

1er novembre 1593 : Naissance au château de Biviers, alors dénommé « château Servien ».

De 1616 à 1624 : Procureur général au Parlement de Grenoble.

De 1624 à 1629 : Maître des requêtes à l’Hôtel du Roi, puis intendant de justice et police en Guyenne.

De 1629 à 1633 : Secrétaire d’Etat à la guerre et rencontre avec Mazarin avec lequel il se lie d’amitié et qu’il introduit après de Louis XIII et Richelieu.

De 1636 à 1643 : Période de disgrâce et d’exil en Anjou où il se marie.

De 1644 à 1648 : Servien est envoyé par Mazarin à Münster pour y négocier, puis signer les fameux Traités de Westphalie qui mettent fin à la guerre de Trente Ans.

De 1649 à 1653 : Principal anti-frondeur, Servien gouverne le royaume, en l’absence du cardinal, avec la régente Anne d’Autriche, son neveu Hugues de Lionne et son rival Michel Le Tellier (père de Louvois).

De 1653 à 1659 : Il est nommé surintendant des finances, fonction qu’il exerce conjointement avec Nicolas Fouquet, de 22 ans son cadet.

17 février 1659 : Servien décède au château de Meudon qu’il avait acheté en 1654 puis magnifiquement embelli, tout en se séparant du château Servien.

Quelques mots, pour terminer, sur la guerre de Trente Ans qui débuta en guerre de religion et ravagea surtout l’Allemagne actuelle, ainsi que l’Alsace et la Lorraine. Les deux traités de Westphalie - à savoir celui de Münster pour les catholiques et celui d’Osnabrück pour les protestants - y mirent fin le 24 octobre 1648. Ces traités devaient rester pendant un siècle et demi la charte de l’Europe et pourraient constituer encore de nos jours une précieuse source d’inspiration pour le règlement de certains conflits actuels. Je pense avant tout à ce qui se passe maintenant au Moyen-Orient et paraît devoir hélas durer encore très longtemps …

Je n’en dirai pas plus car je vous laisse le soin de regarder un excellent diaporama sur la guerre de Trente Ans et la paix de Westphalie. Il a été réalisé à l’initiative de la direction des Archives du ministère des Affaires étrangères à l’occasion du 350ème anniversaire de la signature des traités de Westphalie. Si le nom de Servien n’y est pas mentionné, vous verrez apparaître son portrait lorsqu’il est fait état du début des négociations intervenu en 1644.

Très bonne visite au château Servien ! 

Augustin Jacquemont


La guerre de Trente Ans et la Paix de Westphalie

Diaporama réalisé en 1998 pour le compte du Ministère des Affaires étrangères.



S’ils ne sont pas tous deux nommément cités, on remarquera les portraits des deux négociateurs français de la Paix de Westphalie, à savoir Abel Servien et Claude de Mesmes, comte d’Avaux, sept minutes après le début du diaporama ci-dessus.
Suite à un désaccord de fond, ce dernier a dû quitter la table des négociations en mars 1648, tout en laissant à son rival - qui avait l’oreille de Mazarin - le soin de les poursuivre jusqu’à leur achèvement, puis de signer pour le compte de la France le traité de Münster (entre catholiques) le 24 octobre 1648.
Pour plus de détails sur la longue querelle Servien - d’Avaux, on pourra se reporter à la biographie publiée par Hélène Duccini en 2012 (voir plus loin)

Façades des communs du Château Servien après leur récente restauration en leur état au début du XIXème"
(restauration réalisée par l'entreprise Annequin Frères - 38140 St Blaise du Buis)

18 juillet 2017



Abel Servien (1593-1659)

Un grand diplomate au service de l'Europe ou l'irrésistible ascension d'un enfant de Biviers par Augustin Jacquemont                       

(brochure éditée avec le soutien de l'hebdomadaire "les Affiches de Grenoble 

et du Dauphiné")

 

Vous trouverez ci-dessous  le contenu et le sommaire de cette brochure de 48 pages au format A4, abondamment illustrée et disponible aux tarifs suivants :

Franco de port : France : 8 €uros - Etranger : 10 €uros

Envoi sur simple demande  accompagnée d'un chèque du montant correspondant adressée à :

Monsieur Augustin Jacquemont - Château Servien - 78, chemin du Boeuf - 38330 BIVIERS

 

 

 


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