Château Servien

J’ai eu grand plaisir à accueillir de nombreux visiteurs au Château Servien à l’occasion des Journées du Patrimoine 2021.
J’ai été heureux de pouvoir faire découvrir à la plupart d’entre eux qu’Abel Servien fut le principal artisan de la Paix de Westphalie qui mit fin en 1648 à la guerre de Trente Ans et contribua à l’apaisement durable de l’Europe. 
Les visiteurs qui n’ont pas pu accéder à l’intérieur du château en raison du Covid pourront retrouver plus loin les panneaux de l’exposition retraçant l’extraordinaire parcours de l’enfant de Biviers que fut Abel Servien.

Septembre 2021

LES JOURNEES DU PATRIMOINE DU 18 AU 19 SEPTEMBRE 2021

Samed 18 septembre :         14 h à 18 h
 
Dimanche 19 septembre :   10 h à 12 h
                                              14 h à 18 h
 

Château Servien - rue Abel Servien

(accès : 78, chemin du Boeuf) - 38330 BIVIERS

 

Compte-tenu des circonstances (Covid 19) et comme l’année dernière, l’intérieur du Château Servien ne sera pas ouvert à la visite.

En revanche,  les extérieurs et le parc demeureront accessibles aux conditions imposées par le décret du 7 août 2021, lesquelles rendent obligatoires le port  du masque et respect des règles de distanciation physique. Il y est par ailleurs précisé que la présentation du passe sanitaire ne sera pas nécessaire.

 
Les visiteurs pourront prendre connaissance du contenu muséographique de l’exposition consacrée à Abel Servien sur le présent site (panneaux retraçant sa très longue carrière, vidéos sur la Paix de Westphalie et le Château de Meudon, biographie publiée à l’occasion des Journées du Patrimoine 2000, etc.).
« Cliquer sur les textes en bleu pour y accéder directement. »
 
Avec tous nos regrets.
 

Notice du Château Servien pour les Journées du Patrimoine 2021  /  Notice enfants  /  Brochure Abel Servien

 


A la découverte d'Abel Servien, l'homme de la paix de Westphalie et le plus illustre des Biviérois

Abel Servien nait en 1593 au château Servien à Biviers, propriété de sa famille depuis près d'un siècle.

Faisant preuve d'une précocité hors du commun, il entre dans la vie politique dès 1616 en qualité de procureur général du roi au parlement de Grenoble. Puis, après avoir brillé à l'assemblée des notables convoquée à Rouen (1617-1618), il poursuit son apprentissage en occupant successivement deux fonctions dépendant du pouvoir central (1) et qui lui donnent l'occasion de fréquenter Richelieu et Louis XIII tout en s'en faisant apprécier.

Envoyé en Italie à l'occasion d'un conflit avec les Habsbourg relatif à la dévolution du duché de Mantoue, il y rencontre Mazarin avec lequel il se lie d'amitié et qu'il introduit auprès du roi et de son principal ministre.

Après avoir brièvement occupé la fonction de premier président du parlement de Bordeaux, il est nommé secrétaire d'Etat à la guerre en 1630, puis retourne en Italie pour y rétablir la paix (traité de Cherasco du 6 avril 1631).

C'est en 1635 qu'à l'initiative de Richelieu, la France entre dans le terrible conflit dénommé guerre de Trente Ans (1618-1648) qui oppose les Habsbourg (de religion catholique) aux Etats protestants, tout en prenant le parti de ces derniers. La déclaration de l'entrée en guerre de la France contre le roi d'Espagne est signée par Louis XIII et Servien le 6 juin 1635.

Après une longue disgrâce qui le conduit à séjourner pendant sept ans en Anjou, Servien est rappelé par Mazarin en 1643 pour négocier puis signer pour la France les fameux traités de Westphalie (24 octobre 1648). Ceux-ci mettront un terme à ce conflit ravageur et s'accompagneront de la naissance de l'Europe moderne dans le cadre de ce que l'on appellera plus tard l'ordre westphalien, lequel pourrait encore servir de modèle, notamment au Moyen-Orient, voire au-delà .

Nommé ministre d'Etat dès son retour à Paris, Servien joue un rôle majeur dans la maîtrise et le règlement de la Fronde qui a menacé le pouvoir royal (1648-1652). Puis, en récompense des services éminents rendus à la Couronne, il est nommé surintendant des Finances, fonction qu'il partage jusqu'à son décès avec Nicolas Fouquet dont on connait le triste sort (condamnation à la prison à vie).

Son accession aux plus hautes responsabilités ministérielles et sa quête de prestige conduisent Servien à acquérir en 1654 le magnifique château de Meudon où il fait entreprendre des travaux colossaux. Puis il cède l'année suivante le château Servien à Antoine de Reynold (alors capitaine aux gardes suisses et commandant la garnison du fort Barraux).

Décédé en 1659, il est inhumé au côté de son épouse angevine, Augustine Le Roux, dans la chapelle Servien du sanctuaire marial de Notre-Dame des Ardilliers à proximité immédiate de Saumur.

L'extraordinaire parcours d'Abel Servien justifie largement qu'il soit extrait des « oubliettes de l'Histoire » dans lesquelles il était fort injustement tombé pour trouver enfin toute sa place au Panthéon des grands Hommes du XVIIème siècle français, comme le relève Hélène Duccini dans sa magistrale biographie publiée en 2012.

Augustin Jacquemont - Juillet 2021

 

(1) Maître des requêtes à l'hôtel du roi, puis intendant de justice et police en Guyenne.


Août 2021

Février 2021

Août 2018

Noël 2017

La guerre de Trente Ans et la Paix de Westphalie

Diaporama réalisé en 1998 pour le compte du Ministère des Affaires étrangères.

 

S’ils ne sont pas tous deux nommément cités, on remarquera les portraits des deux négociateurs français de la Paix de Westphalie, à savoir Abel Servien et Claude de Mesmes, comte d’Avaux, sept minutes après le début du diaporama ci-dessus.

Suite à un désaccord de fond, ce dernier a dû quitter la table des négociations en mars 1648, tout en laissant à son rival – qui avait l’oreille de Mazarin – le soin de les poursuivre jusqu’à leur achèvement, puis de signer pour le compte de la France le traité de Münster (entre catholiques) le 24 octobre 1648 (1).

Pour plus de détails sur la longue querelle Servien-d’Avaux, on pourra se reporter à la biographie publiée par Hélène Duccini en 2012 (voir plus loin).

 

(1)    Rappelons comme indiqué précédemment qu’Abel Servien a été secrétaire d’Etat à la guerre de 1630 à 1636.

C’est donc en cette qualité qu’il a cosigné avec Louis XIII le 6 juin 1635 La Déclaration du Roi sur l’ouverture de la guerre contre le Roi d’Espagne (trois minutes après le début du diaporama).


Façades des communs du Château Servien après leur récente restauration en leur état au début du XIXème"
(restauration réalisée par l'entreprise Annequin Frères - 38140 St Blaise du Buis)

juillet 2017